AMITYVILLE

5 04 2009

Voici une interview passionnante du père de famille des Lutz chassés de leur maison par des entités démoniaques. Ils auront tenus 28 jours dans cette maison d’horreur.  Cette histoire que j’ai lu quand j’étais ado m’a vraiment marqué, je possède toujours le livre de Jay Anson en version française de 1979 avec les photos des Lutz et le véritable dessin de « Jodie », un livre collector aujourd’hui. Les plus anciens qui liront cet article se rappelleront de l’émission « Temps X » dont un numéro fut consacrée à cette histoire et où l’on a put découvrir les véritables photographies des apparitions dans la maison: je pense notamment au visage qui apparaît dans la tête d’un cerf accroché au mur!

Enfin j’ai trouvé la localisation de la maison qui existe toujours sur Google Earth la voici!:
Latitude : 40°39’59.90″N
Longitude :  73°24’54.24″W

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Jolie petite bourgade dans l’Etat de New York, Amityville ne doit pas sa renommée qu’au charme de ses rues bien entretenues mais surtout à une maison mondialement connue depuis la sortie au cinéma d’un film au même nom. La particularité de cette bicoque : il s’agit ni plus ni moins de la maison hantée la plus connue sur la planète. Plutôt que de laisser la parole aux protagonistes du remake sorti ce mois-ci en DVD, nous avons préféré nous adresser au mieux placé pour avoir une idée plus précise de ce qui s’est réellement passé en décembre 1974 : George Lutz, l’ancien propriétaire, incarné par James Brolin en 1979 et par Ryan Reynolds l’année dernière. Ni l’un ni l’autre n’ont donné une image très sympathique de son personnage, passant du gentil et dévoué barbu au look hippie à un possédé par les démons qui veut tuer sa famille et son chien. L’appellation « histoire vraie » au début du générique ne peut pas être plus explicite et fait passer George pour un pur cinglé donc on imagine que sa vie n’a pas dû être facile tous les jours… Cela méritait bien un coup de fil pour en savoir plus. Allô, George ?

Amityville, la maison du Diable est l’adaptation d’un roman de Jay Anson qui raconte votre histoire. Comment se fait-il que vous n’en possédiez pas les droits ?
C’est un peu plus complexe, je partage les droits avec Jay Anson et je n’en ai pas tout seul le contrôle. L’origine du problème vient du fait que Jay a vendu les droits d’adaptation à American International Pictures sans ma permission, j’ai été mis devant le fait accompli… Cela dit, nous avons pu avoir un certain contrôle, un droit de regard plus exactement, sur le premier film mais au final, sur les 20 millions de dollars que AIP et Jay Anson ont gagné, Kathy et moi n’avons eu que 250 000 dollars pour le livre, et 160 000 dollars pour le film de Stuart Rosenberg. (1/3 est allé directement aux avocats)

D’où une certaine rancœur…
Vous accepteriez cette situation sans broncher ?

Sûrement pas. Comment s’est terminée votre relation avec Jay Anson ?
Il est décédé en 1979 et nous n’avons appris les dessous de l’affaire concernant la vente des droits seulement après sa mort, donc nous n’avons pas eu le temps de lui demander quelques explications !

Depuis votre départ précipité de la maison, vous n’y êtes retourné qu’une fois ?
Après notre départ, il y a eu cinq enquêtes sur la maison. On parle souvent de la première, notamment dans le livre, mais pas des quatre autres qui sont arrivées à la conclusion que cet endroit n’était pas normal, qu’on ne pouvait pas y vivre tranquillement. Bizarrement, il a fallu attendre 2005 pour connaître les résultats de deux d’entre elles. J’y suis retourné un après-midi pour assister à une de ces enquêtes, avec un spécialiste du paranormal qui disait pouvoir débarrasser la maison des mauvais esprits. Il y avait un monde entre ce qu’il disait pouvoir faire et ce dont il était capable…

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Aujourd’hui, vous y retourneriez ?
Après ce que nous avons vécu, ni moi ni aucun membre de ma famille ne voudrait y remettre les pieds.

Vous avez acheté la maison 80 000 dollars, ce qui était un bon prix en raison du sextuple meurtre un an auparavant. Combien l’avez-vous revendue ?
Nous ne l’avons pas revendue. Nous l’avons quittée en janvier 1976, avons continué de rembourser les crédits jusqu’au 31 août et ensuite la banque l’a récupéré car nous voulions cesser de payer les quittances. En comptant tout ce que nous avons abandonné – les meubles, les bijoux… – et tout ce que nous avions déjà payé, j’ai calculé que la perte avoisine les 50 000 dollars, au moins.

Pourquoi avoir tout perdu délibérément ?
Ce n’était rien à côté de la peur qui nous habitait. Nous avons voulu abandonner cette partie de notre vie et nous sommes allés à l’autre bout des États-Unis, en Californie. Au départ dans un motel, puis nous avons loué une maison.

Les propriétaires suivants de la fameuse maison ne se sont plaints que des touristes qui venaient spécialement à Amityville la voir. Quand j’ai appris ça, je me suis dit qu’ils auraient pu se poser la question avant de l’acheter !
C’est clair. Puisque vous abordez le sujet, je précise qu’aucun d’entre eux n’a fait venir de prêtre pour la bénir, et je pense que toute la différence vient de là. Mais ils n’ont pas été en sécurité pour autant. Certains ont fait faillite, d’autres ont divorcé, un des enfants y est mort d’overdose… Pas un propriétaire n’est resté plus de dix ans.

Il faut être fou pour acheter la maison hantée la plus connue du monde, non ?
Je suis totalement d’accord avec vous !

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Est-ce que ça vous a traversé l’esprit d’exploiter cette maison pour des amateurs de sensations fortes, et donc d’en rester le propriétaire ?
Partager cette expérience grâce à un livre nous paraissait suffisant. Bien sûr, nous savions que nous ne pourrions échapper aux critiques qui diraient que nous l’avions fait pour de l’argent, mais nous nous sommes aussi vite rendus compte que nous n’étions pas les seuls à avoir vécu des expériences paranormales et que le livre les intéresserait probablement. Il faut savoir que dans ce genre de situation, on se demande si on n’est pas cinglé, et le fait de savoir que d’autres sont passés par là, rassure. Alors c’est vrai que l’argent perçu grâce au livre nous a bien rendu service, mais ce n’était pas notre but principal, notamment parce que j’avais de l’argent par la vente de mon entreprise de topographie, juste avant que nous emménagions en Californie.

Quand vous êtes arrivés en Californie, vos voisins savaient ce qui vous était arrivé ?
Non, pas du tout. Jusqu’à ce que le livre sorte, personne ne s’est intéressé à nous.

Et quand ils ont su, quelles furent leurs réactions ?
(Rire.) J’ai eu droit à tout ! Le livre a eu moins d’impact dans le sens que moins on n’en montre, plus les gens peuvent se faire leur propre opinion, qui n’est pas forcément aussi grand-guignolesque que le film.

Grâce à Internet et votre site, on peut facilement se renseigner sur l’affaire, contrairement à l’époque. Cela vous facilite la vie ?
Oui et non. J’ai quand même deux procès sur le dos avec la MGM, cela demande beaucoup de temps et d’énergie, mais mon site me procure un plaisir incommensurable car il me permet d’être en relation avec des gens qui ont connu la même mésaventure.

Vous parlez tous les jours de la Maison ?
J’en ai très peu parlé pendant près de 20 ans et puis l’explosion d’Internet a tout changé, je dirais que depuis l’an 2000, j’en parle en effet tous les jours.
Le site officiel de la ville mérite le détour, ils essaient de faire passer cette histoire pour de la pure fiction !
(Rire.) Ils essaient de sauver les apparences en ignorant des réalités sur lesquelles les médias ne s’attardent pas. (Silence.) Pourtant, ce ne sont pas des faits banals.

Qu’avez-vous pensé du remake de 2005?
Il est épouvantable ! (« It’s terrible ! ») Loin des faits réels… Je considère que c’est une insulte à ma famille et à ceux qui ont vu le film car on leur dit que c’est une histoire vraie alors que c’est faux. Ce film a été produit pour rapporter de l’argent, uniquement. Personne du Studio ne m’a jamais contacté, avant ou après le tournage. Ils ne se sont pas souciés un instant de savoir comment moi ou les membres de ma famille allaient réagir face à cette déformation totale de la réalité or, cela nous a fait beaucoup de mal. Le personnage de George Lutz, qui porte mon nom en plus, essaie tout de même de tuer sa famille. Rendez-vous compte des conséquences de telles images ?

Il est clair aussi que vous ne pouvez pas porter au film un regard détaché comme celui des millions de spectateurs !
Surtout avec autant d’invraisemblances ! La scène sur le toit sort de l’imagination d’un des scénaristes, je n’ai jamais essayé de tuer l’un des membres de ma famille, je n’ai pas haché mon chien, la scène avec le prêtre n’a rien à voir avec ce qui s’est passé, bref on aurait plus vite fait de dire ce qui s’est réellement passé. Nous avons en effet emménagé dans une maison un an après un sextuple meurtre, nous avons fait venir un prêtre pour bénir la maison, et nous l’avons quittée au bout de vingt-huit jours, épuisés par la peur.

Si le film avait été plus fidèle à la réalité, aurait-il été aussi effrayant ?
Beaucoup plus. Chacun d’entre nous était touché par l’aura de la maison, et on se demandait vraiment ce qu’il se passait, on se posait de plus en plus de questions, chaque bruit nous interpellait, il était impossible d’avoir l’esprit tranquille. Nous n’arrivions pas à communiquer entre nous, chacun ressentait les choses différemment.

Le 17 septembre 1979, dans le numéro de People magazine, l’avocat William Weber déclarait : « Je sais que cette histoire est une supercherie. Nous avons créé cette histoire terrifiante avec quelques bouteilles de vin. » Pourquoi faire une telle déclaration à votre avis ?
Parce qu’il a perdu un procès contre nous ! Il disait que c’était son histoire ! Nous nous étions rencontrés à deux reprises, à peu près deux heures chaque fois, et soi-disant toute cette supercherie se serait créée à partir de là ! La justice ne l’a évidemment pas cru. Il était l’avocat de Ronald DeFeo et ils étaient aussi liés par un contrat pour se faire ensemble de l’argent sur son histoire de meurtres. Lorsque le juge s’en est aperçu, Weber a perdu toute crédibilité aux yeux de la justice car les aspirations vénales étaient mises au grand jour.

Voici une série d’affirmations fantaisistes ou non, vous allez me le dire, trouvées sur le Net. Avez-vous vu la tête de Ronald DeFeo flotter dans les airs, dans la cave ?
Non.

Avez-vous vu, avec votre femme Kathy, une vision démoniaque sur les briques à l’intérieur de votre cheminée ?
Oui.

Avez-vous vu Kathy en pleine lévitation sur votre lit ?
Oui.

Kathy a eu une vision d’une vieille femme décrépite en se regardant dans le miroir ?
Oui.

De la boue remontait à la surface des toilettes et de la vase coulait des murs ?
Non. L’eau des toilettes devenait noire en revanche. Quant à la vase, il ne s’agissait que de quelques gouttes qui traversaient le tapis, dans toutes les pièces.

Avez-vous vu un cochon volant avec des yeux rougeâtres ?
Non.

Vous n’aimez pas parler de votre dernière nuit à Amityville. Pourquoi ?
Quand on en reparle, on la revit. Je préfère la mettre de côté quelque part dans mon esprit. Le livre a aussi été écrit pour dire ce que nous voulions dire sur cette nuit-là.

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Mais vous n’avez pas tout dit ?
C’est exact.

Le ferez-vous un jour, même si c’est publié après votre mort ?
(Rire.) J’y songe. Je ne veux pas endoctriner les gens ou leur dire de croire ci ou ça, je veux juste leur raconter ce que nous avons vraiment vécu.

Est-ce que votre fille, très jeune à l’époque, se rappelle encore très bien de Jodie qui est dans le remake, le fantôme de la sœur de Ronald DeFeo ?
Oui, parfaitement. Contrairement à ce que montre le remake, c’était un petit garçon qui avait le pouvoir de se transformer en cochon géant. Le prénom Jodie provient peut-être du prénom John, d’un des fils DeFeo – vous prenez les deux premières lettres et vous rajoutez De. (Di phonétiquement, Ndlr.)

Vous en parlez souvent en famille ?
Rarement mais ça nous arrive, quand nous en ressentons le besoin. Nous parlons plus du mal que MGM nous a fait avec le remake.

Propos recueillis par Didier Verdurand.
http://www.ecranlarge.com/

Personne de la MGM n’a souhaité répondre à notre demande d’interview.
Site officiel (en anglais) de George Lutz : The Amityville Horror
Kathy et George ont divorcé dans les années 80 mais sont restés très proches jusqu’à la mort de Kathy en 2004, suite à une maladie respiratoire, l’emphysème.

StrangeWorld :

Dernière info Mr Lutz est mort le 8 mai d’une crise cardiaque. Il préparait un livre avec des photos inédites de la maison.

L’histoire en  vidéo!

http://www.dailymotion.com/video/x5cys0_amityville-lhistoire-vraie-1-de-3_news

http://www.dailymotion.com/video/x5cxgs_amityville-lhistoire-vraie-2-de-3_news

http://www.dailymotion.com/video/x5cwgu_amityville-lhistoire-vraie-3-de-3_news

 NEWS!!

A VENDRE 

Il ne vous en coûtera « que » 1.15 millions de dollars (929 315 €) pour acquérir la célèbre maison hantée située sur l’île de Long Island, au 112 Ocean Avenue. Courage